Les tombes des Empereurs Qing – Est de Pékin
Sur les chemins qui mènent à la Grande Muraille de Tianjin, pas loin, les tombeaux de la dernière dynastie d’empereurs. Sur la flanc de la colline, dans un espace immense, une dizaine de tombeaux, dentelle de pierre, brique et céramique. Pas grand monde dans les parages – ça fait déjà trois fois que j’y vais – les visiteurs sont rares. Cela fait du site un havre de paix, où on peut se reposer à l’ombre des cyprès. Quelques rares marchands de souvenirs, petits objets anciens.
Chaque tombeau est en lui même un ensemble architectural entouré de murs, avec plusieurs cours à traverser, qui reflète la personnalité de son occupant. Celui-ci, de son vivant, s’est chargé de le construire dans une variation de style propre, en respectant l’unité architecturale de l’ensemble.
Au plus loin, au plus profond de ces tombeaux sous un tumulus, gît une impératrice, un empereur. Cixi, la mère du dernier empereur. Une autre cour contient les tombes de 36 courtisanes.
Pour rejoindre chaque tombeau, une voie royale de quelques kilomètres bordée de statues d’éléphants, tortues et autres animaux. La voie est interrompue par des portes symboliques, elle continue sur des ponts en pierre blanche au dessus de bassins maintenant parfois à sec. Quelques locaux avec des mobylettes carrossées à 3 roues vous proposeront de vous amener au travers du site – si vous pouvez en supporter les cahots. A pied, c’est une belle promenade, même si vous n’aurez pas le temps ni le courage de visiter tous les tombeaux.
Un havre de paix et une magie de blancs et d’ocres, une de mes visites préférées.
Grande Muraille
On en avait entendu parler et vu des centaines de photos. Y monter efface toutes les images connues, c’est vraiment impressionnant, massif et léger à la fois rapporté aux montagnes sur lesquelles elle est bâtie. 5000 km d’ouvrage titanesque qui n’a même pas arrêté les envahisseurs.
La muraille est accessible par plusieurs points d’entrée, aménagés et payants. Ceux qui ne le sont pas sont interdits au public. On peut faire des randonnées de 4 heures à pied ou prendre un petit bus électrique puis monter sur le chemin de ronde de la muraille, pour l’emprunter quelques km, jusqu’à la ’sortie’. Une fois dessus, il ne vous reste plus qu’à respirer fort, ne pas se laisser impressionner par le chemin en serpent devant soi et y aller…
Dragon Boat Festival
Ni jinnian wang heli rengle duoshao mi?
Wait, did someone just ask me how much rice I threw in the river?
It must be because the Dragon Boat Festival is coming up later this month, on the 16th. Expect to see some intense dragon boats racing and, yes—people throwing rice in the river. Or at least that’s what you might have seen thousands of years ago. Today, we don’t do this—we make delicious zongzi (rice cakes). It’s all done in the name of the ancient scholar and statesmen Qu Yuan.
(source The World of Chinese Magazine)
Cuandixia – ancien village dans la montagne
Après des mois de ville à l’horizon, voici notre premier périple à la campagne, dans les montagnes, à 90 km de Pékin, pour flaner à Cuandixia, un village de plus de 500 ans, où ont été préservées 70 des 600 maisons à cour rectangulaire, typiques du nord de la Chine. Une destination de week-end pour les Pékinois, qui viennent à la journée ou qui dorment chez l’habitant dans l’une des 70 maisons. Ce que nous avons fait aussi…
Entrée d’une des maisons, avec à droite, le poêle pour cuisiner.
Les maisons sont ouvertes vers l’intérieur, avec, en général, quatre bâtiments (ou plutôt chambres) disposés autour d’une cour rectangulaire à ciel ouvert où se passe la vie quotidienne, et fermées vis-à-vis du monde extérieur. La disposition des maisons est identique sur l’axe nord-sud mais leur taille et forme varient avec le relief, ce qui fait le charme du village. La chambre du nord, la plus importante, est habitée par les seniors de la famille, alors que celle du sud sert de pièce de vie ou d’étude. Les chambres latérales sont habitées par les enfants.
Les maisons de Cuandixia sont rustiques et simples mais ont des décorations fantastiques pour qui sait les découvrir, sous la poussière le plus souvent. Motifs floraux sculptés dans la pierre ou le bois, calligraphie et peintures.
Tout autour, dans les montagnes, des cultures en terrasse, aujourd’hui peu préservées. Le maïs était séché autour et entre les maisons …
Le village vu du temple bouddhiste juste au dessus…
Et vue de la montagne d’en face. Le village est assis dans un environnement favorable, à l’endroit que l’on dit jugé favorable du point de vue géomantique, des énergies, par son fondateur et patriarche Taoiste, Laozi. Encastré dans les montagnes, de par sa forme arrondie et ses axes de symétrie, c’est un exemple d’coexistence harmonieuse de l’occupation humaine et la nature.
Chez l’habitant, derrière cette histoire fantastique c’est très … exotique. Notre maison, notre chambre et notre petit déjeuner ! La chambre du nord :
Notre chambre :
Miam, pain de farine de riz étouffe chrétien avec omelette, chou frais avec une sorte de mayonnaise, soupe de riz à l’eau aux haricots rouges. Heureux avec nos sachets de café soluble et cakes du supermarché
Les tours du tambour et de la cloche
Toute ville a ces deux tours, où les rituels servent à égrener le temps, par les roulements de tambour ou des sons de cloche. La journée chinoise était divisée en 12 intervalles de 2h, chacune représentée par un des 12 animaux de l’astrologie chinoise. L’heure de naissance est aussi importante que le signe de l’année, surtout pour planifier les activités à court terme.
Pour sonner la cloche, il faut taper dedans !
Soldats en terre cuite
Ils sont tous différents, par le visage et l’habit. On dit qu’ils ont été façonnés à l’image de ceux qui les ont fabriqués. Le niveau de détail va des lignes de la main, aux rides, moustache, coiffure. Ils sont tous plus grands que la taille moyenne des chinois d’aujourd’hui. Ils avaient dans la main de vraies armes.
Bref l’empereur, il y a 2200 ans, voulait une vrai armée qui puisse faire peur, mais à qui ?
On les a trouvés en mille morceaux que les archéologues continuent à rassembler et assembler. Le toit en bois de l’habitation construite pour les abriter a pourri et s’est écroulé sous le poids de la terre qui les enterrait. Aujourd’hui les archéoloques ont du reconstituer 1000 soldats, officiers, généraux et attelages, en fouillant un peu plus de 10% de ce qu’on estime être la taille du tombeau.
L’armée enterrée du premier Empereur
A quoi peut mener la folie des grandeurs, d’un type obsedé par la mort qui a oeuvré toute sa vie pour se construire une nécropole qui l’accompagne dans l’au delà. Le mystère reste entier; malgré les recherches archéologiques depuis 1974, seule une petite partie a été déterrée…
City of Xi’an, a worderful paceful place
Une ville, très grande elle aussi, où il fait bon rester à l’ombre regarder les gens passer, en plus de la visite des nombreux et fameux points d’intérêt historique.
Les remparts de la cité ancienne (dans les 700 ans) : on peut les parcourir à vélo ou en tandem (plus de 1h30) pour voir la ville d’en haut. Ou, mieux, se promener en contrebas, dans les parcs aménagés contre les remparts – spectacles et musique.
Xi’an est la première capitale de la Chine unifiée pour la première fois (par les armes), il y a 2200 ans. Le nouvel empereur uniformisa, pour mieux gouverner, la monnaie et l’écriture des 6 royaumes conquis, il y a déjà 2200 ans!
Aujourd’hui, Xi’an, c’est une zone à forte minorité musulmane (les hui, une des 50 minorités de Chine), ayant la mosquée la plus célèbre et parmi les plus anciennes de Chine, un havre de paix pour les visiteurs. Style 100% chinois, mais c’est bien une mosquée.
Livre à lire : Beijing confidential
“Pékin confidentiel” en français, un livre que j’ai dévoré et qui donne une excellente image de la transition que vit la Chine aujourd’hui, touchée par l’amnésie publique de son passé communiste. Mais c’est je crois le cas dans la plupart des pays d’Europe de l’Est où on y a toutefois distillé des bribes d’histoires individuelles. Pour ceux qui veulent en savoir plus, un bon résumé ici.

